Les stratégies micro ont distancé les gérants macro

Lyxor AM
 
15/02/2017
Après une excellente fin d'année, les positions liées à la relance américaine se sont consolidées.
  • L’indice Lyxor Hedge Fund s'est inscrit en légère baisse en janvier (-0,3%), 7 des 10 indices Lyxor clôturant en territoire positif.
  • Les stratégies micro ont surperformé les gérants macro. Les fonds Event Driven ont généré des résultats solides sur fond d'intense activité de fusion-acquisition aux Etats-Unis et de bonnes surprises des résultats des entreprises. Les gérants CTA et macro ont pâti de la dépréciation du dollar.

Après une excellente fin d'année, les positions liées à la relance américaine se sont consolidées. Les incertitudes entourant les priorités du nouveau Président, la cohésion entre la Maison-Blanche et le parti républicain et l'implémentation effective des principales mesures ont incité les marchés à déboucler certaines positions liées à la reflation. En Europe, la reprise économique s'est accélérée sur fond de renforcement de la confiance des ménages, de l'activité des entreprises et des pressions inflationnistes. L'écart entre les taux américains et allemands, à court comme à long terme, a ainsi signalé une divergence économique et monétaire moins marquée. Dans ce contexte, le dollar a perdu du terrain face à l'euro. Les actions ont fait écho aux mouvements de change, avec une hausse aux Etats-Unis et un recul en Europe. Les marchés émergents ont amorcé un rebond. Les écarts de taux des obligations à haut rendement se sont contractés, en particulier en Europe. Les cours pétroliers ont poursuivi leur tendance baissière, tandis que l'or est reparti à la hausse.

L'indice Lyxor Hedge Fund a signé un léger recul en janvier sous l'effet de la sous-performance des CTA à long terme. Du côté des bonnes nouvelles, les stratégies Event Driven et Fixed Income Arbitrage ont surperformé.

Les fonds Fixed Income Arbitrage et L/S Credit ont été soutenus par les composantes alpha et bêta. L'envolée des rendements obligataires a fait naître des opportunités d'arbitrage et le resserrement des écarts de taux dans le haut rendement a été porteur. Selon Moody’s, les taux de défaut des émetteurs de la catégorie spéculative devraient reculer en 2017 aux Etats-Unis et rester faibles en Europe, une aubaine pour les gérants déployant des stratégies d’arbitrage.

Le regain d'activité observé dans le secteur privé américain a soutenu l'Event Driven, en particulier dans le secteur pharmaceutique. La principale position longue des fonds Merger, Actelion, a contribué significativement à le performance. L'action a bondi de 20% au lendemain de l'annonce du rachat par Johnson & Johnson pour un montant de 30 milliards USD. Les gains réalisés sur l'opération n'ont cependant pas compenser les pertes essuyées sur la chaîne de pharmacie de détail Rite Aid, convoitée par Walgreens Boots Alliance. L’action a fortement plongé en janvier en raison des incertitudes liées à la législation antitrust, et après la révision à la baisse du prix de la fusion. Les Special Situations ont pour leur part surperformé à la faveur de bénéfices plus solides que prévu, notamment pour Sherwin-Williams et de Baxter International. Les investissements réalisés dans les secteurs de la communication, des matériaux de base et de la consommation non cyclique ont également porté leurs fruits.

Les L/S Equity ont dégagé des rendements disparates en fonction du style et de la région ciblés par les gérants. Les fonds Variable Bias européens ont surperformé alors qu'un net rebond du facteur de risque momentum a soutenu les fonds Neutral. Aux Etats-Unis, les fonds ont renforcé leur directionnalité, se démarquant de la prudence affichée par leurs homologues européens et asiatiques. L’environnement d'alpha est resté porteur aux Etats-Unis, dans une moindre mesure toutefois qu'au lendemain de l'élection de Donald Trump. La sélection de titres s'annonce prometteuse avec la baisse de la corrélation intersectorielle, et ce malgré une dispersion entre les actions moins prononcée.

Les gérants Global Macro ont signé en ce début d'année des performances légèrement négatives, mais plus disparates. Ils privilégient actuellement des stratégies d’arbitrage, avec un biais en faveur du dollar, de l'Europe et du Japon. Leur forte exposition longue à l'USD (face à une position courte sur les devises du G10 et longue sur les devises émergentes) s'est avérée préjudiciable. A l'exception des obligations européennes (les gérants sont unanimement courts), les autres classes d'actifs restent modérément représentées au sein des portefeuilles. A cet égard, la plupart des fonds ont été soutenus par la hausse des rendements obligataires européens. Les gérants Sovereign Fixed Income Arbitrage ont surperformé les fonds directionnels, en particulier ceux qui se montraient optimistes à l'égard des actions européennes et japonaises.

Les CTA doivent leur infortune aux positions liées à la relance de Trump, en raison d'une exposition directionnelle (que l'on pourrait qualifier de « longue sur Trump/la Fed, courte sur la BCE »). Leurs positions longues sur les parités du dollar et courtes sur les obligations dans la plupart des régions (hormis en Europe) ont desservi la performance, tout comme la baisses des prix des matières premières et le rebond de l'or. Les gains issus de l'exposition longue aux actions américaines n'ont pas permis de compenser les pertes essuyées en Europe et au Japon. Le sort des CTA reste semble-t-il étroitement attaché à l'évolution des positions liées à la relance américaine. A la fin du mois, les modèles étaient neutres sur les obligations américaines et avaient fortement élagué leur positionnement sur le dollar.

« Les résultats publiés pour le 4e trimestre font état d'une nette reprise dans la plupart des régions et secteurs. Les volumes de négociation et les rendements des actions se sont cependant avérés modestes à la suite de ces annonces. Les investisseurs attendent à l'évidence d'obtenir davantage de preuves d'une relance mondiale. Le contexte d'alpha n'est plus aussi porteur qu'après les élections américaines, la dispersion des actions s'étant estompée. Toutefois, la faible corrélation entre actions et l'attention accrue portée aux spécificités des sociétés continuent de favoriser les gérants actifs, en particulier les spécialistes de la sélection de titres fondamentale », explique Jean Baptiste Berthon, Stratégiste senior multi-actifs, Lyxor Asset Management.


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