Sous haute pression

Lyxor AM
 
12/04/2017
La reprise globale saluée au premier trimestre pourrait traverser une étape de confrontation à la réalité.

Vues sur les Marchés

La reprise globale saluée au premier trimestre pourrait traverser une étape de confrontation à la réalité au deuxième trimestre. Depuis le début de l'année, le pouls macroéconomique international s'est accéléré grâce à un affermissement du sentiment aux États-Unis, à l’amélioration cyclique en zone Euro et à la reprise globale de l’activité manufacturière concomitante au rebond du pétrole. Cependant, le printemps pourrait être semé d'embûches. Le Congrès américain aura en main les clés des promesses retentissantes du président Trump. L’impact des élections françaises devraient être binaires : d'un côté, une victoire centriste pourrait stimuler la reflation naissante de l'Eurozone, à l’opposé, le triomphe du populisme mettrait très certainement en péril l'avenir des unions européennes.

Les Etats-Unis pourraient bientôt parvenir à un régime économique sous haute pression qui les éloignerait progressivement de la stagnation séculaire. L'activisme de la nouvelle administration a permis de raviver les chiffres d’enquêtes qualitatives, et pourtant il se peut que les données quantitatives doivent attendre les mesures concrètes pour s’améliorer au second semestre. Avec une inflation des salaires qui accélère, la Fed devrait continuer sa lente normalisation. Nous demeurons sous-pondérés sur les obligations souveraines américaines. Les valorisations des actions US pourraient être en danger dans un contexte où les marges bénéficiaires souffriraient de l'augmentation des coûts de la main-d'oeuvre. L'amélioration des perspectives de revenues soutient néanmoins notre recommandation à neutre, laquelle est protégée par des recommandations thématiques. Malgré des taux d’intérêt en hausse, la compression attendue des spreads de crédit nous suggère ne garder une position neutre sur le high-yield américain.

Bien qu'elles soient exposées au cycle de resserrement américain, les bourses émergeantes semblent bénéficier de dynamiques domestiques en amélioration, alors que certaines banques centrales locales jouent leur carte d’accommodation monétaire. Les prix du pétrole, qui resteront très probablement guidés par l'OPEP, ne devraient pas être un détracteur. Nous favorisons les actions des pays d’Asie qui bénéficient de fondamentaux économiques plus solides et qui dépendent dans une moindre mesure du financement international.

La zone Euro se trouve à un carrefour sous haute pression. Le processus de reflation gagne du terrain avec une activité qui accélère et une distribution de crédit qui commence enfin à se redresser. L’inflation parfaitement bénigne devrait permettre à la BCE de rester fort accommodante, même si nous pensons que la stimulation monétaire est en train d’atteindre son apogée. En matière de marchés actions, le potentiel est immense mais un dérapage est toujours possible si l'issue électorale s'avère perturbatrice en France. Dans l'attente d'un feu vert du front politique, nous préférons des thématiques prudentes et un positionnement régional.

Stratégies alternatives

Une politique monétaire moins accommodante, une aide fiscale plus importante, ainsi que des ruptures des politiques soutiennent une inflexion des taux et de l’inflation. Certaines des conséquences attendues de cette transition commencent à émerger. Une évolution des prix des actifs plus en ligne avec celle de leurs fondamentaux et la diversité des thèmes devraient continuer de favoriser les hedge funds au T2. Cependant, la faible dispersion des prix des actifs et l'incertitude politique demeurent des contraintes significatives.

Certaines incertitudes aux États-Unis et en Europe devraient se lever d'ici l'été. En attendant, nous attendons peu de tendances marquées des actifs. Nous favorisons la valeur relative plutôt que les approches directionnelles.

Les signes précurseurs de divergence économique mettront du temps à se matérialiser en opportunités de marché attractives. L'attrait actuel des approches macro - plutôt que micro - semble modeste.

Par contraste, l’amélioration des profits des entreprises et l’intensification de leurs opérations bilancielles offrent des possibilités plus immédiates. Nous favorisons la sélection d’actions fondamentales aux États-Unis et en Europe. Nous repondérons les fonds émergents à Neutre.

Nous maintenons également notre surpondération des fonds Special Situations, bien positionnés pour bénéficier des améliorations des entreprises. Les risques sur cette stratégie sont plus élevés, mais l’exposition des fonds reste prudente. Les risques liés à l’arbitrage des fusions semblent moindres, mais offrent en contrepartie des perspectives de rendement plus modestes. Rétrogradés à Neutre.

Nous passons à sous-pondérer sur les CTAs afin de gérer le bêta action dans les allocations. L’environnement de suivi de tendances semble par ailleurs peu engageant pour le T2. Les opportunités issues de divergences économiques se matérialiseront avec délais. Les fonds macro sont rétrogradés à Neutre. Dans cet univers, nous préférons les fonds diversifiés aux fonds taux/FX.


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