Surperformance des stratégies bottom-up

Lyxor AM
 
15/05/2017
7 des 10 indices Lyxor ont clôturé en territoire positif.

L’indice Lyxor Hedge Fund s'est inscrit en baisse de 1,07% en avril, mais 7 des 10 indices Lyxor ont clôturé en territoire positif.

Les stratégies bottom-up ont surperformé grâce à l’amélioration des conditions de l’alpha. Les stratégies macro ont en revanche éprouvé des difficultés à l'approche des élections en France.

Pleins feux sur les élections françaises. Les positionnements de couverture ont dominé la plupart des marchés européens en amont du premier tour. La menace d'un Frexit s'éloignant, la prime de risque s'est détendue. Dans la première semaine qui a suivi les résultats, les actions européennes ont signé un très net rebond, valeurs bancaires en tête, et l'euro s'est raffermi sur fond de hausse des rendements allemands à 10 ans. L'or, qui avait joué son rôle de valeur refuge dans l'attente du scrutin, a fini par reculer. Du côté des matières premières, les prix du pétrole ont à nouveau joué au yo-yo sur fond d'incertitude croissant quant au timing du rééquilibrage entre l’offre et la demande.

L'indice Lyxor Hedge Fund a clôturé le mois en baisse de 1,07%, en raison essentiellement de la sous-performance des gérants Global Macro et CTA, pénalisés par les inquiétudes politiques en Europe. Au rayon des bonnes nouvelles, les stratégies micro ont surperformé. L'amélioration du contexte d'alpha a soutenu les gérants Event Driven et L/S Equity Long Bias.

Les Event Driven étaient à la fête en avril. Les fusions-acquisitions ont porté les gérants Merger Arbitrage. Après une bataille de très longue haleine entre Abbott Laboratories et Alere, la fusion a enfin été réalisée, à un prix renégocié. L'opération a fait grimper l'action Alere de plus de 15% en une seule séance. La guerre d'enchères visant le fabricant de médicaments génériques Stada a été payante également, de même que les opérations Whitewave Foods/Danone, NXP/Qualcomm et Syngenta/Chemchina. Les fonds Special Situations ont enregistré des gains sur plusieurs investissements, à la faveur de résultats d'entreprises meilleurs que prévu. L'action Whole Foods s'est pour sa part envolée après que l'investisseur activiste Jana Partners a pris une participation de près de 9% dans la société et suggéré à la direction d'envisager sa vente. Enfin, les gérants ont pu participer en partie à la hausse de fin de période grâce à leurs investissements européens.

Au sein de la stratégie L/S Equity, les fonds aux biais les plus longs ont mené la danse, bien qu'ils n'aient pu profiter pleinement de la hausse de l'après premier tour en raison des couvertures mises en place. Les gérants européens ont multiplié les protections face aux inquiétudes politiques ambiantes. S'ils ont maintenu leur exposition nette globale, ils ont réduit leurs positions sur les financières et les valeurs domestiques de l'UE. Ils ont par ailleurs renforcé les secteurs défensifs et se sont orientés vers des marchés européens hors Union Européenne. Ils ont en outre conservé leur positionnement court sur les futures sur indices mis en place en novembre 2016. Des valorisations excessives et des doutes quant à la viabilité du cycle économique outre-Atlantique ont incité les gérants américains à davantage de prudence. La très bonne orientation des tendances de consommation les a poussés à consacrer une partie de leur allocation aux secteurs domestiques et liés à la consommation.

Les CTA à long terme ont pâti des inquiétudes politiques en Europe. Dans la première partie du mois, les pertes sont venues essentiellement de leurs positions longues en actions. Un positionnement long en obligations européennes et court sur l'euro a cela dit permis de limiter les dégâts. Ils ont regagné par la suite une partie du terrain cédé. Une position longue sur l'énergie, mise en place récemment, a légèrement réduite la performance en raison d'un retour des pressions sur les prix du pétrole. En fin de mois, les modèles ont commencé à réduire leurs positions en actions. Mais le risque demeure largement concentré sur leur position longue actions.

Les gérants Global Macro ont sous-performé. Les gains engrangés au lendemain de l'élection sur un positionnement court en obligations européennes et long en actions n'ont que partiellement compensé les pertes subies précédemment. Des positions courtes sur l'EUR ont pesé sur la performance. La poche matières premières a été pénalisante. Certes, les positions longues sur les métaux précieux ont porté leurs fruits, mais celles-ci n'ont pu compenser les pertes induites par la chute des prix du pétrole et du cuivre. Les positions de valeur relative mises en place au sein des portefeuilles obligataires ont fait légèrement contrepoids. Les gérants ont réduit le risque de leur portefeuille avant la présidentielle française, en rabotant leur exposition aux actions européennes. Cette approche prudente a limité le potentiel de hausse après le premier tour.

« La diminution du risque politique à court terme et les signes persistants de reprise nous conduisent à surpondérer les banques et les actions européennes.Les adeptes de la sélection de titres devraient par ailleurs tirer parti de l'amélioration du contexte d'alpha dans la mesure où les investisseurs s'intéressent à nouveau à la reprise en Europe et aux fondamentaux des entreprises.Nous continuons dans l'ensemble de privilégier les stratégies micro à leurs homologues macro. Nous nous montrons prudents à l'égard des fonds CTA et Global Macro dès lors que le potentiel de suivi de tendance semble pour l'heure limité pour plusieurs classes d'actifs. » Jean-Baptiste Berthon, Stratégiste senior multi-actifs, Lyxor Asset Management


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